Infrastructures portuaires : les acteurs du Saint-Laurent appellent à accélérer les investissements dans les ports du Saint-Laurent
[Communiqué de presse] RIVIÈRE-DU-LOUP, le 17 septembre 2026 – Réunis à Rivière-du-Loup à l’occasion du RDV des Armateurs, les Armateurs du Saint-Laurent et les acteurs du Saint-Laurent ont souligné l’importance d’accélérer les investissements dans les infrastructures portuaires du Québec, particulièrement dans l’Est, afin de répondre aux besoins actuels et futurs des entreprises, des chaînes d’approvisionnement et des communautés desservies par le Saint-Laurent.
Ce message survient alors que le Canada redouble d’efforts pour mobiliser des capitaux majeurs et stimuler sa croissance économique à travers de grands projets, notamment à l’occasion du Sommet canadien de l’investissement de 2026, et qu’il a conclu ou négocié depuis 18 mois plus de 20 ententes et partenariats stratégiques touchant le commerce, la sécurité et la défense. Dans un contexte où le Québec et le Canada cherchent à renforcer leur capacité d’investissement, à diversifier leurs marchés et à accroître la résilience de leurs chaînes d’approvisionnement, la capacité portuaire du Saint-Laurent constitue un levier stratégique pour soutenir le développement économique des régions et la compétitivité du Québec.
« Il y a urgence d’agir. Derrière chaque quai qui se détériore, chaque terminal dont la capacité est insuffisante et chaque projet qui tarde, il y a des emplois, des entreprises et des communautés qui comptent sur le maritime. Il y a des marchandises qui doivent rejoindre les marchés, des équipements spécialisés qui doivent être transportés et des approvisionnements essentiels qui doivent être livrés. Le Canada multiplie les partenariats commerciaux et mobilise des capitaux historiques pour soutenir sa croissance. L’Est du Québec ne peut pas être laissé de côté dans cet élan : sans stratégie maritime québécoise financée depuis 18 mois et avec des projets d’infrastructures portuaires en attente d’investissements, nos régions risquent de rater ce virage économique », a déclaré Saul Polo, président-directeur général des Armateurs du Saint-Laurent.
Des infrastructures qui ne peuvent plus attendre
Une proportion importante des infrastructures de l’Est du Québec exige des investissements majeurs de modernisation et, dans certains cas, de reconstruction afin d’éviter des limitations opérationnelles ou des fermetures partielles qui pénaliseraient l’économie régionale et nationale.
Les besoins sont concrets et plusieurs projets sont prêts à avancer :
Matane – La réfection du port est un investissement structurant pour maintenir et développer la capacité portuaire régionale, soutenir les activités maritimes existantes et répondre aux besoins liés aux grands projets.
Baie-Comeau – La reconstruction et le réaménagement du terminal no 5 sont essentiels à l’amélioration des opérations portuaires et à la croissance des activités industrielles et commerciales. Une part importante du financement gouvernemental demeure attendue.
Havre-Saint-Pierre – Le projet d’agrandissement est un levier stratégique qui permettra d’accroître les activités commerciales, industrielles et de pêche, tout en créant de nouvelles capacités pour les croisières internationales et un éventuel service de traversier. Le projet est évalué à plus de 150M$.
Sept-Îles – La modernisation du quai Multiusager (projet évalué à 60M$) est nécessaire pour accroître la capacité d’exportation et soutenir la croissance des activités minières. La réfection du quai des Pétroliers (projet évalué à 15M$) demeure également nécessaire pour sécuriser l’approvisionnement régional en hydrocarbures.
Port-Cartier – Une réfection majeure du quai municipal est nécessaire pour assurer sa pérennité et répondre aux besoins des industries régionales. Un projet de débarcadère ferroviaire permettrait également le transfert de wagons entre le réseau terrestre et une barge ou un traversier-rail, une solution complémentaire au camionnage.
Basse-Côte-Nord – La réfection des quais fédéraux, notamment à Harrington Harbour et à La Romaine, ne peut plus attendre. Ces installations sont essentielles aux services de ravitaillement, de transport de passagers et d’approvisionnement des communautés. Elles doivent aussi offrir des conditions d’accueil adéquates, incluant des installations sanitaires et un accès fiable à l’eau.
Des investissements qui doivent s’inscrire dans une vision à long terme
Les Armateurs du Saint-Laurent pressent les gouvernements du Québec et du Canada d’accélérer leurs investissements dans les infrastructures portuaires régionales et de mettre en place des mécanismes de financement prévisibles permettant de soutenir les projets prioritaires.
Ces investissements devraient, entre autres, tenir compte des retombées économiques régionales, de la contribution des infrastructures multimodales à la fluidité des chaînes logistiques, à la réduction des émissions et à la résilience des approvisionnements.
Pour la Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes), cette approche doit également s’inscrire dans une vision intégrée du corridor Saint-Laurent–Grands Lacs afin que les investissements portuaires, logistiques, énergétiques et numériques puissent contribuer de façon cohérente à la compétitivité du Québec et au développement des régions.
« Pour une communauté insulaire comme la nôtre aux Îles de la Madeleine, le transport maritime fait partie de notre quotidien. Des infrastructures portuaires fiables et adaptées sont essentielles et celles-ci doivent évoluer avec les besoins des transporteurs et des communautés qu’ils desservent », a déclaré Emmanuel Aucoin, directeur général de la CTMA.
« Par l’entremise de Relais Nordik, Desgagnés joue un rôle essentiel dans l’approvisionnement des communautés et l’occupation dynamique du territoire sur la Côte-Nord. Pour assurer la continuité et la fiabilité de cette desserte, il est indispensable de pouvoir compter sur des infrastructures portuaires modernes, sécuritaires et adaptées aux besoins des navires, des entreprises et des populations desservies », a déclaré André Mikhael, président-directeur général de Relais Nordik (Desgagnés).
« Les infrastructures portuaires sont au cœur d’un corridor Saint-Laurent–Grands Lacs compétitif et capable de soutenir les ambitions économiques du Québec. Les investissements dans les infrastructures portuaires doivent s’inscrire dans une vision à long terme, cohérente et concertée, qui tient compte de l’ensemble du corridor, du développement des régions, de la diversification des marchés et de la fluidité des chaînes d’approvisionnement », a souligné Mathieu St-Pierre, président-directeur général de la Sodes.


