Les armateurs veulent un financement prévisible sur plusieurs années pour maintenir et développer leurs navettes fluviales
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
La façon de faire du gouvernement limite considérablement leur offre de services

[Revue de presse ] Dans son rapport de 2025, l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) dénombrait plus de 543 000 déplacements pour les six liaisons métropolitaines à Montréal, une hausse de 18 % par rapport à l’année précédente.
« Selon un sondage de l’ATRM, 53 % des utilisateurs disent qu’ils prendraient leur auto si ce n’était pas de la navette. Le but ce n’est pas de remplacer un réseau existant, mais de le compléter en faisant un parcours que l’autobus ne peut pas faire. C’est là qu’il y a un gros gain de temps et de la compétitivité », avance Cédric Lavoie, directeur, développement et affaires publiques chez Croisières AML.
« Les chiffres démontrent un besoin pour ce service qui dépasse le tourisme. Ça touche aussi le Centre-du-Québec, la Mauricie et Québec », plaide pour sa part Saul Polo, PDG des Armateurs du Saint-Laurent.
Pas de bouchons
À l’heure où certains moyens de transport font la manchette pour des problèmes de fiabilité, le bateau se distingue ici aussi, tout en évitant les bouchons de circulation.
« L’assiduité des bateaux est impressionnante, renchérit Normand Noël, PDG de Navark. On enlève des véhicules sur le réseau routier, mais on enlève aussi les bris, les entretiens, le fleuve est là et c’est important de s’en servir d’une bonne façon. »
Là où le bât blesse, c’est au chapitre du financement, non prévisible.
« Le financement est non récurrent et arrive de façon pénible à la dernière minute », regrette M. Polo, qui espère que le message sera entendu durant la campagne électorale.
« Chaque année le financement est attaché à la dernière minute. Il faut ensuite se retourner sur un 10 cents, faire de l’embauche, de la formation, de la promotion. S’il était pérennisé, ça permettrait des économies, de fidéliser la clientèle et d’avoir une vision à long terme. On ne veut pas plus d’argent, seulement l’assurance de le recevoir. En planifiant sur trois, cinq ou dix ans, il y aura des économies pour le gouvernement », croit M. Lavoie.
Calendrier
Le financement déficient raccourcit aussi les saisons.
« Avec une meilleure prévisibilité, on pourrait commencer à la mi-avril jusqu’à la mi-décembre. Cette année on a commencé le 20 mai et certaines navettes ont terminé après la fête du Travail. Les écoliers commencent, les gens reviennent au travail et on enlève un moyen de transport. Nous travaillons avec des équipements éphémères. Boucherville est prête à investir pour faire une aire d’attente digne de ce nom si le service est là pour plusieurs années, mais on ne peut jamais le confirmer », conclut Normand Noël.
Les liaisons
Montréal – Mercier – Boucherville
Vieux-Port de Montréal – Boucherville
Vieux-Port de Montréal – Pointe-aux-Trembles – Varennes
Vieux-Port de Montréal – île Sainte-Hélène – Longueuil
Express Vieux-Port de Montréal – île Sainte-Hélène
Montréal – Mercier – île Charron
Boucherville – île Grosbois
Pointe-aux-Trembles – Varennes – Repentigny
Lavaltrie – Contrecœur
Trois-Rivières – Bécancour
Lachine – Châteauguay*
Longueuil – île Charron*
Québec – Sainte-Anne-de-Beaupré*
*Pas en service en 2026 par manque de financement
Un trajet populaire abandonné
« Le projet pilote de navette entre Québec et Sainte-Anne-de-Beaupré a été un succès au-delà des attentes pendant trois ans. Des commerces commençaient à se structurer autour. Malheureusement le financement n’a pas été reconduit l’an dernier, même si 10 à 15 millions $ ont été investis dans la réfection du quai à Sainte-Anne. »
– Cédric Lavoie, de Croisières AML
De nombreux exemples de succès
« Il y a plusieurs exemples dans le monde où le transport fluvial est très important. New York, Boston, Amsterdam, Washington, Toronto, on n’invente rien, on n’a juste à s’inspirer des autres. »
– Normand Noël, de Navark
« Toronto a lancé un projet de navette pour les trois prochaines années, on a la chance d’avoir un tel réseau, pourquoi ne pas le pérenniser ? »
– Cédric Lavoie, de Croisières AML
Des liaisons 12 mois par année ?
« Il y a le problème avec les glaces, mais aussi avec les infrastructures. Les quais flottants ce n’est pas l’idéal. Pour avoir un service le plus étendu, il faut copier ce qui se fait dans les plus grandes villes riveraines. Si le reste suit, qu’on adapte les bateaux, c’est possible d’avoir un service plus long. La traverse Québec–Lévis fonctionne à l’année. »
– Normand Noël, de Navark
Article de Martin Lavoie — Le Journal de Québec
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