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Naviguer à l’aveugle : les navettes veulent savoir plus tôt

4 sept.
2 min de lecture

[Revue de presse ] À l’heure où les navettes fluviales connaissent une popularité grandissante dans la région métropolitaine, Navark estime qu’il devient de plus en plus difficile de gérer un réseau de transport collectif sans savoir de quoi sera faite la prochaine saison.


Navark, les Armateurs du Saint-Laurent et Croisières AML demandent au gouvernement du Québec de leur donner davantage de prévisibilité. Ils proposent un cadre d’opération prévisible sur plusieurs années et une pérennisation du financement des navettes fluviales à long terme, de trois à cinq ans. Le calendrier de service devrait aussi selon eux, être confirmé plusieurs mois à l’avance.


Pour Normand Noël, capitaine et président de Navark, le problème n’est pas la demande. Au contraire. «Les bateaux sont de plus en plus remplis et certains passagers doivent même être refusés lors des périodes de forte affluence», dit-il.


Il estime qu’actuellement, l’achalandage sur ses quatre liaisons est en hausse d’environ 5% à 10% par rapport à la même période l’an dernier, même si la saison a commencé près de deux semaines plus tard comparativement aux années précédentes.


L’ARTM, de son côté, indique que l’achalandage du réseau montréalais a plus que doublé depuis 2022.


En 2025, la fréquentation des lignes N4 et N5 qui relient le Vieux-Port de Montréal à l’Île de Sainte-Hélène et Longueuil, opérées par Croisières AML, a augmenté de 39% et 32% respectivement. «Ces résultats ne sont pas seulement reliés au tourisme, mais témoignent d’une utilisation diversifiée : déplacements domicile-travail, accès au Vieux-Port et au parc Jean-Drapeau, événements, correspondances avec le métro et l’autobus», note l’organisme.


@ST:Une saison annoncée tardivement


@R:Navark exploite actuellement quatre liaisons dans la région de Montréal, soit entre Boucherville et le Vieux-Port de Montréal, entre Boucherville et le parc de la Promenade-Bellerive, ainsi qu’entre Varennes et Pointe-aux-Trembles vers le Vieux-Port.


Pour M. Noël, l’incertitude commence bien avant que les premiers bateaux prennent le large. Cette année, la mise en place du réseau s’est faite en seulement un mois et demi, le financement ayant été confirmé tardivement. « Recrutement des employés, formation des équipages, préparation des navires et organisation des horaires doivent être réalisés rapidement lorsque les confirmations gouvernementales tardent », précise-t-il.


Il souhaiterait idéalement connaître les orientations pour la saison suivante dès novembre. Il arrive plutôt que la décision soit connue en avril, alors que le service doit commencer quelques semaines plus tard, explique le président.


«Si déjà on connaissait ça, par exemple en novembre, ça nous aiderait pour planifier, organiser des trips pour le mois de mai. Là, parfois, on l’apprend en avril.»


Pour Navark, une entente de trois à cinq ans permettrait donc de passer d’une gestion à court terme à une véritable planification du réseau.


Cette prévisibilité ne profiterait pas seulement à l’entreprise, fait-il valoir. Elle permettrait également aux citoyens d’intégrer plus facilement la navette à leur quotidien.

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