Les armateurs demandent plus de soutien de Québec
- 10 févr.
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[Revue de presse] À l’aube des consultations prébudgétaires, l’association Armateurs du Saint-Laurent (ASL) demande à Québec de revenir à la table dans sa stratégie du développement du corridor maritime et de relancer le transport par bateau sur de courtes distances. Ce mode de transport est plus connu sous le nom de cabotage. Il permettrait, selon ASL, de contribuer à la décarbonation, en retirant des camions sur les routes.
« Il y a encore du travail à faire et on est conscient qu’on peut faire plus», appuie Saul Polo, directeur général des Armateurs du Saint-Laurent, en entrevue. «On a une autoroute bleue qui est en plein milieu de notre géographie et qui ne bougera pas.»
Il soutient par contre que les besoins de l’économie vont toujours en grandissant. « Nous, on est ingénieux et on veut arriver avec de nouveaux projets pour favoriser plus de transport intermodal », poursuit-il.
«On ne veut pas faire compétition aux autres modes de transport, mais plutôt regarder de quelle façon le transport maritime peut en faire plus pour contribuer à diminuer les émissions de gaz à effet de serre au niveau du transport.» — Saul Polo, directeur général d’Armateurs du Saint-Laurent. Il ajoute que le transport routier et le ferroviaire ont toujours leur rôle à jouer. Mais, « un navire d’une capacité de 30 000 tonnes élimine 965 camions avec un seul voyage », renchérit-il. Il convient que des navires affectés au cabotage ont une capacité moindre. Il demeure qu’il y a un facteur de diminution intéressant.
Dépôt d’un mémoire vendredi
ASL déposera notamment un mémoire, vendredi, à cet effet. En entrevue, M. Polo rappelle qu’il y avait une initiative gouvernementale qui s’est terminée le 31 mars 2025. En ce moment, les intervenants du secteur maritime ne peuvent plus soumettre de nouvelles demandes dans le Programme d’investissements en infrastructures maritimes (PIIM). L’association réclame une certaine prévisibilité en ce qui concerne son principal interlocuteur avec l’industrie, et aussi qui est notre porte-parole à l’intérieur du gouvernement. «On a quand même certaines inquiétudes. Parce que juste dans la dernière année, on a eu trois ministres responsables du dossier du transport maritime», analyse-t-il. « Mais je comprends qu’il y a un contexte circonstanciel à tout ça. »
Il affirme que cela n’empêche pas ASL de faire des représentations. Mais l’association se demande comment ses doléances sont communiquées par la suite entre les collègues au Conseil des ministres. «Et la base, c’est de rétablir une stratégie maritime», réitère M. Polo.
Les 90 ans d’ASL
Fondée en 1936, ASL célèbre cette année ses 90 ans. Trois personnes avaient enregistré la création de l’association en avril 1936. « Mais la vraie assemblée constituante a eu lieu en décembre 1936», raconte M. Polo. «Ce sont 18 capitaines et propriétaires de goélettes et de caboteurs qui se sont mobilisés à ce moment-là. »
Au fil des années, «l’association a eu à s’adapter et à naviguer à travers différents événements historiques, soit la Seconde Guerre mondiale, la construction de la voie maritime à la fin des années 1950, la navigation hivernale avec les années, la révolution du conteneur et l’ouverture aussi des marchés internationaux».
«La mondialisation des économies a nécessairement augmenté le trafic maritime», enchaîne-t-il. ASL regroupe maintenant 160 membres, dont 21 membres armateurs et presque 140 autres membres associés. Parmi ceux-ci, il y a des administrations portuaires, des chantiers navals et maritimes et plusieurs entreprises liées de près ou de loin au secteur maritime. La portée du territoire couvert par ASL s’étend du golfe du Saint-Laurent jusqu’aux Grands Lacs, en incluant le Saguenay.
Article de Paul-Robert Raymonf — Le Soleil
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